22/12/2007

MA RENCONTRE AVEC JACQUES

bingaEnfin, voilà que j’aperçois le « home sweet home » du bonhomme ! Difficile de trouver un endroit plus tranquille. Le top du top pour des vacances en amoureux par exemple ou pour oublier, ne serait-ce que quelques jours, une vie trop stressante dans l’une ou l’autre mégapole.

Jacques a plus de quatre-vingts ans aujourd’hui, mais ne les paraît pas. Il y a plus d’un quart de siècle qu’il a élu domicile aux Saintes après une vie riche d’aventures en tous genres. Il accueille volontiers les touristes – souvent des habitués – dans sa résidence et discute volontiers avec eux de son existence pas banale, leur offrant une bière sur sa terrasse dominant les eaux turquoises de l’océan.

L’expression « métro, boulot, dodo » n’a jamais été sienne. Jacques est un bourlingueur, un vrai de vrai. Un de ceux qui a écumé les mers de notre globe à bord de son cher « Binga », un bateau né des arbres de cette Afrique qu’il aimait tant. Fils de bonne famille, il a très tôt pris la décision de sortir des sentiers battus. On le retrouve tantôt au Cameroun en train de gérer une plantation de café, tantôt minier, chercheur d’or, exploitant forestier et même… fabricant de cercueils ! Lorsque le climat politique se dégrade, il se décide à prendre la mer. Parce qu’il faut bien vivre, il jouera même les contrebandiers. On le retrouve trafiquant de whisky dans le golfe de Guinée ! Le bougre avait mis au point un système ingénieux de jerricanes munis de faux fonds dans lesquels se glissaient les précieuses bouteilles !

Lorsque son « Binga » fait naufrage, l’homme se retrouve dépouillé de tout et sans un sou vaillant en poche. Il rentre en France mais se rend vite compte qu’il lui est impossible de se faire à nouveau à la vie sur le continent… Et Jacques repart donc pour d’autres aventures, exerçant à nouveau mille et un métiers farfelus avant de planter sa tente… ou plutôt de poser la première pierre de cette maison qui est encore la sienne aujourd’hui. Parce-que, dit-il, il faut bien se fixer un jour ou l’autre…

Il n’a jamais eu d’épouse, mais çà n’a pas empêché Jacques d’aimer – beaucoup – les femmes. Il en parle d’ailleurs volontiers dans ses livres (entre autres « Viva Binga, les aventures d’un navigateur naïf »).

Après avoir discuté à bâtons rompus autour d’un verre, je quitte à regrets ce capitaine au long cours et redescends calmement vers la civilisation. Il fait toujours aussi chaud. Jacques m’a offert quelques-uns de ses bouquins avant de me dire au revoir. Je commence à les feuilleter autour d’un cocktail de jus de fruits avec le clapotis des vagues en bruit de fonds. Dans quelques minutes, je monterai à bord du ferry…

Maintenant, j’en ai la certitude. Il y en a qui la vivent vraiment l’aventure avec un grand A. Et Jacques a fait partie de ceux-là…

22:22 Écrit par Caro dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voyage, saintes, guadeloupe, aventurier |  Facebook |

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